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L'Université Saint Joseph célèbre cette année TROIS centenaires

L'Université Saint-Joseph : une alliance entre tradition et modernité

Interview du recteur Salim Daccache avec des journalistes

Question - L'USJ a consacré tout un programme pour célébrer les centenaires de trois de ses facultés : la médecine, 130 ans ; le droit, 100 ans ; et le génie, 100 ans. Quelles importantes leçons tirer de ces stations historiques ?

Réponse - En premier lieu, ces facultés ont une profondeur historique, une longue tradition académique qui s'est constituée durant plus d'un siècle, l'USJ ayant été fondée en 1875. Lorsque l'étudiant, ses parents, le marché du travail regardent l'USJ, ce qu'elle a réalisé dans ses trois facultés durant un siècle, c'est un facteur de confiance et d'assurance pour eux. La continuité dans le domaine académique est importante parce qu'elle signifie un cumul d'expériences, d'expertises, de connaissances et de savoir-faire. En deuxième lieu, l'histoire de notre université est liée à celle de la fondation du Liban moderne comme État et nation. Nos trois facultés ont assumé une tâche importante dans la participation à l'édification des institutions de l'Etat libanais et du secteur privé, comme les ordres et les syndicats des professions libérales. C'est avec compétence que des diplômés de ces trois facultés ont été des serviteurs consciencieux des secteurs de la santé et de la médecine publique, de la construction, de l'électricité et de l'eau, ainsi que des domaines des services publics, de la politique, de la diplomatie, de la justice et de la législation. En troisième lieu, ces trois facultés ont pris naissance et se sont développées dans le cadre d'un partenariat entre l'État français et la Compagnie de Jésus. Rien ne présageait un tel partenariat entre religieux et laïcs de la République française à l'orée du XXe siècle. Toutefois, s'est manifestée malgré tout la volonté de collaborer et de construire ensemble des institutions qui servent les intérêts communs et qui sont au service d'un bien universel, comme l'éducation de la jeunesse, la liberté de la conscience et les valeurs humaines communes. De même, la qualité supérieure de l'éducation académique a été longtemps assurée par une longue liste de chanceliers, de doyens, de professeurs libanais et français dévoués et compétents. En dernier lieu, en célébrant ces trois centenaires, l'USJ vit l'expérience de devoir de mémoire, non pas en regardant le passé comme un musée où différentes oeuvres d'art inertes sont exposées, mais en rendant vivantes cette mémoire, cette expérience vitale pour nous aujourd'hui. Il ne s'agit pas de faire l'éloge de ce passé et de marquer notre fierté, mais d'en être reconnaissants en étant fidèles à l'esprit de cet important héritage. Au cours des décennies passées, ni la guerre ni la dure situation économique ne nous ont empêchés d'avancer et de nous développer. Cela nous sert de témoignage pour avancer et pour nous rappeler que notre université est un espace résistant au service du développement du pays.

- L'Université Saint-Joseph ne se satisfait donc pas de reproduire le passé, mais continue à se développer. Est-il possible d'avoir quelques exemples de ce développement ?

En fait, notre université a appris comment allier tradition et modernité. Cette perception lui a permis de se développer sans tomber dans le piège du changement tous azimuts qui peut déstabiliser inutilement, sinon pour le plaisir d'innover.

– L'université vient de réformer sa gouvernance et sa structure administrative centrale en renforçant son conseil supérieur et son conseil exécutif, par la création de commissions permanentes qui couvrent tous les domaines d'une vie d'université.

– L'USJ a évalué le système de crédits européens transférables (ECTS) qu'elle a appliqué depuis 2003 dans toutes les disciplines et facultés de l'USJ afin de mieux l'adapter aux exigences de la pédagogie universitaire active qui met désormais l'accent sur les compétences, le savoir-faire et le savoir-agir à acquérir en fin de parcours.

– Quant à la liste des nouveaux programmes de diplômes, l'on peut établir que sur le plan des diplômes universitaires, sept nouvelles spécialisations ont été mises en route en 2012-2013: les fondamentaux de la foi chrétienne (Credo-ISSR-FSR), les religions et les médias (FSR), la gériatrie (médecine), la lactation humaine et l'allaitement naturel (médecine-ESF), l'entrepreneuriat social (ELFS), etc.

Sur le plan des masters, l'on peut retenir les points suivants:

L'USJ a lancé au début de l'année 2012-2013 le master en sécurité routière dans le cadre d'une collaboration avec la Fondation Renault. Ce master est doté de bourses universitaires provenant de la Fondation Renault.

Une faculté de langues a été lancée cette année. Cette faculté offre plusieurs langues à apprendre, mais cherche surtout à offrir des formations complètes en langues comme l'espagnol et l'italien.

À la faculté d'ingénierie, sera lancé en septembre un master « oil and gas » alliant les technologies de la production et les techniques de distribution. La société géante de pétrole « Total » apportera un appui à ce master ainsi que l'IFP. La langue adoptée pour ce cursus est l'anglais.

Conjointement avec l'Association des banques, a été fondé au campus des sciences sociales, à Huvelin, l'Institut supérieur d'études bancaires (ISEB). Il sera opérationnel en octobre 2013.

Vous avez évoqué aussi le rôle de l'étudiant et sa place centrale dans l'université. Que voulez-vous dire par cela?

L'on sait qu'à l'USJ, l'étudiant doit travailler dur pour réussir ses études. Toutefois, la vie universitaire n'est pas seulement faite d'études et de recherches scientifiques de qualité et d'acquisition des compétences les plus recherchées. C'est pour cette raison que depuis trois ans, un département de sport universitaire est entré en action. Des centaines de sportifs et d'athlètes s'y entraînent pour mettre en valeur les couleurs de l'USJ dans les différentes compétitions universitaires. Nous voulons ainsi développer d'une manière équilibrée les divers aspects de la personne humaine que constitue chaque étudiant afin qu'il puisse mieux découvrir et maîtriser ses capacités physiques, artistiques, culturelles, spirituelles, sociales et relationnelles. Les étudiants apprennent ainsi, au niveau de la vie universitaire et dans les clubs, à se connaître, à se rencontrer, à vivre en groupe et en communauté, à s'apprécier et à se respecter loin des dissensions politiques. C'est aussi dans ce contexte-là que, depuis deux ans, le système d'élections à la proportionnelle a été mis en route afin d'inciter les jeunes à travailler ensemble. Nous désirons que nos campus soient des lieux de vie, de communication, de dialogue et d'apprentissage partagé de la vie.

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