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Le P. Maurice Joyeux sj en Grèce : "La situation n'a jamais été aussi préoccupante"

Le P. Maurice Joyeux sj en Grèce : "La situation n'a jamais été aussi préoccupante"

« Les acteurs humanitaires sont épuisés. Nous sommes obligés d'improviser car aucune coordination, aucune task-force ne s'est mise en place. Comment faire en sorte que les ONG, l'État, la police, les autorités locales travaillent ensemble ? Comment éviter la dispersion des forces et des énergies ?»

Le père Maurice Joyeux, directeur du service jésuite des réfugiés (JRS) en Grèce, agit en première ligne dans le pays depuis le début de la crise des réfugiés qui frappe le pays. Son ONG a ouvert un centre au coeur d'Athènes qui, depuis le 2 novembre, a déjà accueilli 800 personnes de façon transitoire. Elle a aussi mis en place un centre d'intégration pour les enfants, des repas d'urgence et des équipes de visiteurs des camps. Ce missionnaire aguerri aux cas d'urgence multiplie les interventions sur tous les fronts - sur l'île de Lesbos notamment. Depuis plusieurs mois, il voit le flot des réfugiés s'accroître et s'inquiète de leur blocage en Grèce. « Au nord, témoigne le père Maurice Joyeux, 20 000 personnes stationnent derrière une frontière fermée, livrées à elles-mêmes dans la nature, les ONG n'ont pas les moyens de les accompagner. Les réfugiés s'accumulent sur les îles par la volonté du gouvernement, qui souhaite ainsi freiner la congestion d'Athènes envahie partout, sur des places, dans des parcs, par ces populations en errance. On doit faire face à de graves problèmes de base, en matière d'hygiène, de santé, d'alimentation. La situation n'a jamais été aussi inquiétante. »

La Commission européenne a débloqué, le 2 mars, un plan d'aide de 700 millions d'euros (sur trois ans) à destination de ces États membres dépassés par l'arrivée massive de refugiés, en particulier pour la Grèce qui en voit arriver sur son sol environ 2 000 par jour. Lundi 7 mars, les États européens se réuniront à nouveau sur le sujet à Bruxelles, et Angela Merkel devrait à nouveau défendre sa ligne d'ouverture des frontières afin d'éviter, justement, le « bouchon » grec. « La Grèce ne peut pas gérer seule de façon financière et logistique cette accumulation de réfugiés, avec beaucoup de familles et d'enfants, lâche le père Maurice. L'Europe ne saurait se borner à faire un chèque. D'abord, à qui adresse-t-on cet argent ? Si c'est à l'État grec, il faut préciser concrètement les destinataires - ONG, autorités locales, police, armée... - et pour quelles missions. Je pense pour ma part que l'Europe doit soutenir un effort d'ordre militaire en termes logistiques, afin de protéger ces populations. »

L'enjeu n'est pas seulement financier. « La priorité, constate le père Maurice Joyeux, est d'abord une question de ressources humaines sur le terrain, afin de déterminer qui peut agir et de quelle façon. Nous avons un sentiment de chaos et d'improvisation totale. » Comment sortir de cette impasse ?

> Source : Le Point.fr

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