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Les "missions d'évangélisation" de Jérôme, volontaire en Argentine avec Inigo

Les "missions d'évangélisation" de Jérôme, volontaire en Argentine avec Inigo

Voilà plus d'un an que je suis arrivé en terre latino-américain, et s'il y a bien une expérience que je voudrais mettre en relief, c'est bien celle des missions d'évangélisation. J'ai été plongé dedans dès le deuxième jour de mon volontariat et j'ai eu la chance de les voir se répéter à diverses occasions.

Elles m'ont d'abord intrigué, presque choqué ; m'ont surpris, m'ont questionné ; aujourd'hui, elles m'instruisent et me nourrissent. Intrigué d'abord, car en bon français baigné dans la sacro-sainte laïcité synonyme de religion cantonnée à une chambre soigneusement fermée, il n'est pas naturel d'aller frapper à chacune des portes du quartier en disant « bonjour, on est chrétien, on vient partager un moment avec vous  et vous inviter à nos activités ».

©Jerome Fremont 1

 

Surpris ensuite, car... ça marche! L'accueil qui nous est réservé est souvent très positif. Bien plus, certains attendent de pied ferme le passage des missionnaires: arrivés à l'improviste, les portes nous sont ouvertes en grand, les chaises sorties à l'ombre, et le traditionnel maté accompagnent des discussions qui se prolongent parfois une bonne heure! Les invitations à déjeuner ne sont pas rares non plus, parfois émanant de familles qui, nous le savons, ont à peine de quoi vivre. Une vraie leçon de vie! – et un défi quand il s'agit de refuser sans offenser... Les félicitations pleuvent pour cette activité qui “fait du bien et rend l'espérance", et nombreux sont ceux qui nous confient leurs enfants pour les jeux et la catéchèse auxquels l'après-midi est généralement consacrée.

L'excellente manière dont nous sommes reçus, preuve s'il en est que notre attitude n'est en rien choquante, m'a ôté mes doutes personnels sur le bien-fondé de cette démarche. Car il ne s'agit nullement de convaincre ou de convertir, mais bien d'écouter, d'accompagner, et – dans le respect des situations et convictions de chacun- d'annoncer. En bref, il s'agit d'ÊTRE PRESENT. Et ça, ce fut une vraie découverte, et continue d'être un cheminement pour moi, jeune européen débordant d'énergie et habitué à évaluer les résultats concrets: comprendre qu'on peut faire du bien par sa seule présence, sans nécessairement FAIRE quelque chose.

Être présent, ou plus exactement rendre présent le Christ à ceux que l'on visite. Là où ils sont : dans leur maison, et sur le chemin de leur vie. Et la bonne nouvelle que j'ai pu vivre, c'est que, voulant porter le Christ aux autres, on Le rencontre dans les autres. Dans leur histoire, dans leur façon de la vivre ou bien dans un regard ou une phrase lâchée innocemment qui –étrangement – pénètre au fond de votre coeur. Cette expérience de rencontrer, dans la même personne, à la fois le Christ souffrant, mendiant mon attention, et le Christ enseignant, le Maitre me donnant une leçon de vie fut pour moi le grand cadeau de ce trésor latino-américain qu'est l'évangélisation directe et décomplexée.

© Jerome Fremont 3


Cette expérience nourrit tant ma foi qu'elle me laisse un questionnement : je sais que cette pratique est difficilement transposable telle quelle au contexte français, mais comment m'en passer, en chrétien rempli de la joie de l'Évangile ? Convaincu que le Christ fait du bien à tous ceux qu'Il rencontre, comment ne pas vouloir le présenter à mes frères? Le dynamisme de la foi me semble aujourd'hui intimement lié au dynamisme missionnaire, et j'ai conscience que l'Église ne peut se payer le luxe de délaisser l'évangélisation directe...


> Source : Inigo Volontariat

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