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« Lettre de Fianar 2013 » - Nicolas Pesle sj

Je suis heureux de vous envoyer ces quelques lignes d'une nouvelle « Lettre de Tana » qui devient « Lettre de Fianar » (Fianarantsoa) depuis que je suis installé, il y a un mois et demi, dans cette petite capitale betsileo du centre sud de Madagascar, à 400 km de Tananarivo. L'année 2012 a été pour moi celle des changements depuis le mois de mars. Le nouveau Supérieur Provincial m'a rendu la liberté, après 12 ans de service à l'administration de la Province jésuite de Madagascar. Après un interlude de quelques mois, partagé entre un travail partiel à la Maison des Editions de la Province, à Tana, et un séjour de trois mois en Europe, je suis maintenant fixé à Fianar pour « rajeunir » auprès des étudiants de l'Université de Fianarantsoa, dont j'assure l'Aumônerie catholique.

Evidemment, j'ai dû prendre de la distance avec tout un tas de relations et d'activités à Tana, notamment auprès de la Communauté catholique francophone des paroisses de Faravohitra (en succédant au P. Raymond Saint-Jean) et d'Ankadivato (où j'aidais le P. Paul-François de Torquat). Je dois aussi trouver une autre manière de suivre la douzaine de familles que j'accompagne et soutiens pour les scolarités et la santé, domaines de plus en plus sensibles, hélas, des budgets familiaux pour plus de 75% des malgaches aujourd'hui. On est de plus en plus dans une société à deux vitesses dans ces deux domaines... Je ne peux pas reprendre le même objectif ici, car je n'en aurai pas le loisir ; mais je garderai la possibilité de monter à Tana au moins une fois par mois pour garder le contact direct et personnel avec ces familles. D'autant que j'avais aussi pris l'initiative d'aider l'une ou l'autre famille à mieux s'installer, et à réaliser peu à peu l'indépendance de logement, dans la construction de leur petite maison, petite mais à eux ! Je n'hésite donc pas à vous solliciter de ce côté-là, c'est une manière de préparer l'avenir pour leurs enfants. Le problème du logement dans les villes touche à l'impasse pour beaucoup à cause de la flambée des prix de location de la moindre pièce de maison.

Ici, à Fianar, je fais partie de la communauté jésuite de la Résidence Saint Nom de Jésus (rien que ça !) qui occupe une grosse maison bâtie il y a une dizaine d'année pour y recevoir les jésuites qui travaillent sur la région. Au moment des réunions, on s'y retrouve à une quinzaine, mais dans le quotidien des jours nous sommes que trois ou quatre. Je dois dire que j'y suis un des plus stables !
Le supérieur de la communauté, le jeune P. Abel, issu de Fianar, m'a confié la charge de la bibliothèque de la maison – pas très en état, hélas, parce qu'elle n'a pas été entretenue et mise à jour depuis plusieurs années. J'ai de quoi faire ! Je commence à prendre mes marques à Fianar ou plutôt à les retrouver, car j'y fus entre 90 et 96 directeur du collège jésuite St François Xavier (SFX), qui continue de rayonner sur la ville. Fianar n'est pas tellement grand, c'est une ville qui s'étend certes, mais qui garde son caractère provincial et même paysan. Enlevez tout ce qui concerne l'Eglise catholique (« la mission catholique », comme disent encore les gens) et l'administration publique, il ne reste presque plus rien... Le climat y est plus humide qu'à Tana, car la ville est plus près de la forêt de l'Est. Mais c'est la même altitude qu'à Tana, en gros 1400 m.

L'Aumônerie catholique universitaire (l'ACUF) est à 5 kms de la maison, en bordure de l'Université, elle-même à la campagne ! Si l'Aumônerie comporte à peu près 450 étudiants inscrits, venant principalement des Côtes, l'Université avec sa dizaine d'Etablissements supérieurs et Facultés comporte un peu plus de 6 000 étudiants. La « pauvreté » de l'Université réside dans le manque de budget et une incapacité endémique à ne pas suivre une année universitaire complète et normale, à cause des désordres politiques sources de grèves à répétition. Néanmoins, cette année a été ici à peu près calme, mais officiellement nous terminerons l'année académique 2011-2012 en avril 2013 ! Autant dire qu'il manque une année... L'ACUF est appréciée de l'Université en général par son sérieux, sa régularité et son autonomie de « gouvernance » par les étudiants eux-mêmes, ce qui facilite beaucoup mon propre démarrage dans ce domaine. Mais là aussi, une gestion rigoureuse s'impose, par manque de moyens. La bibliothèque de l'Aumônerie est reconnue pour sa qualité, mais je dois dire qu'elle est limitée tout de même, car la mise à jour n'est pas des plus faciles. Il faut réactualiser les manuels et les livres généraux dans des domaines aussi divers que le Droit, les Sciences Mathématiques, Physique et Chimie, Informatique, les Sciences Humaines et l'Anthropologie générale, et maintenant la Médecine puisque qu'une Faculté a démarré déjà et commence sa troisième année. Les étudiants me demandent des livres généraux de médecine... Il y a de quoi faire ! Evidemment, les activités « religieuses » tiennent une place importante à l'Aumônerie et les étudiants y sont attachés. C'est pour eux un repère solide dans leur monde désorganisé et non moins corrompu, il faut bien le dire....

Outre l'Aumônerie universitaire, le Provincial me demande d'accompagner la douzaine ou un peu plus de « coopérants » français qui travaillent pour l'Eglise locale à Fianar, dans le cadre de mouvements d'Eglise ou de la Délégation à la Coopération Catholique. Je n'ai pas beaucoup avancé dans ce domaine mais la prise de contact est prometteuse de relations fraternelles. Je suis étonné de leur disponibilité et de leur degré d'ouverture au pays et aux personnes. C'est réconfortant.

Donc, vous voyez, je ne suis pas perdu ! Certes, je suis passé en France pendant l'été, mais je n'ai pas pu réaliser le voeu de vous voir tous et toutes, je le regrette et vous voudrez bien me le pardonner. Par contre, j'ai pu renouer avec beaucoup de membres de la famille, grâce à cette mémorable réunion de famille Pesle, du 1er septembre, à Grandcamp, près du Havre. Ce fut un bain de jouvence! Entretenez les liens familiaux, ils fortifient nos racines et nos vies ! C'est un don de Dieu ! Sur cette parole d'espérance et de reconnaissance, je vous souhaite santé et paix pour le temps à venir. Joyeux Noël à vous tous et passez une Bonne Année riche de rencontres et de nouveautés ! Je vous embrasse de tout coeur !

Nicolas.
Fianarantsoa, 22 décembre 2013


NB. - Pour m'aider à continuer de promouvoir la stabilité familiale, la scolarité, la santé et le logement, votre solidarité sera appréciée, par un chèque à l'ordre de « OMCFAA » (avec au dos, « Pour Nicolas Pesle »), envoyé à Madame Alix de Beaucé, Service Jésuite International de France, 42 rue de Grenelle, 75343 Paris Cedex 07. Un reçu fiscal vous sera envoyé pour déduction d'impôt.

Mail : nicolas.pesle@gmail.com – Adresse postale : BP 1200, Fianarantsoa 301, Madagascar.

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