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Madagascar : vers une éducation de qualité

Madagascar : vers une éducation de qualité
Madagascar : vers une éducation de qualité

En novembre 2013, le P. Émile Ranaivoarisoa a reçu du P. Provincial de Madagascar la mission de donner naissance à Fe y Alegria dans le district d'Ikalamavony, où il est aussi Directeur de la Pastorale. Le Bureau de la Fédération de Fe y Alegria a envoyé le P. Joaquin Ciervide, jésuite espagnol, pour aider le P. Émile.

26 écoles ont déjà été sélectionnées. Pour la plupart, ce sont de toutes petites écoles très pauvres, dispersées sur un rayon de quelque 50 km autour du centre d'Ikalamavony ; 116 instituteurs y oeuvrent pour un total de 3 941 élèves. En plus des visites de repérage, le travail de l'année écoulée s'est centré sur la formation des instituteurs : deux weekends de formation, puis trois semaines intensives au mois d'août, avec la participation de 104 enseignants.

A Ikalamavony et Sorila, la grande majorité des enseignants appartient à la catégorie 'maîtres communautaires' : des maîtres qui ont assez de connaissances pour enseigner les rudiments aux petits, mais qui n'ont pas reçu la formation didactique, pédagogique et psychologique proposée par l'école Normale. Engagés dans les villages, ils ne sont pas payés par l'état mais par les parents qui, mois après mois, doivent payer 'l'écolage'. L'État accorde un soutien minime aux écoles publiques et nul aux écoles catholiques. Les parents, de leur côté, surtout dans les pénibles 'mois de soudure', se trouvent dans l'impossibilité de payer l'écolage.

En 2013–2014, Fe y Alegría Madagascar a donné deux weekends et trois semaines de formation à plus d'une centaine d'instituteurs. Elle compte continuer à les former de façon semblable en 2015. Ces week-ends porteront sur l'approche par objectifs et compétences, les stratégies de préparation du Certificat (CEPE) et le leadership.

L'objectif de cette initiative est d'encadrer les comités de parents pour que ceux-ci s'organisent à travailler pour l'école et que le produit de ce travail puisse payer les enseignants. Chaque comité s'organisera d'après le contexte local. L'accompagnement sera réalisé par le P. Émile avec l'appui des membres de l'équipe de Fe y Alegría Madagascar. Au programme : achat d'une rizière, pisciculture, reforestation, construction d'un barrage facilitant l'irrigation des rizières, nouveaux produits alimentaires pour les 'mois de soudure', banque de riz.

Comme prévention de l'abandon scolaire, Fe y Alegria a mené, en février 2015, une campagne sur l'importance de l'école. La région est confrontée au grave problème de l'abandon scolaire : vers l'âge de 10 ou 11 ans, les enfants quittent l'école pour se mettre à travailler comme pasteurs afin de suivre les zébus, les moutons ou les canards, travailler dans les rizières, garder les plus petits qui ne sont pas encore à l'école... Fe y Alegria veut encourager les maîtres de fin de primaire (CM2) à recruter des jeunes (12 à 18 ans) qui n'ont pas terminé l'éducation primaire. Pendant deux heures chaque soir, les enseignants vont entraîner ces jeunes pour qu'ils puissent se présenter, en candidats libres, à l'examen du Certificat. On espère que cette idée sera bien accueillie dans une quinzaine de villages.

Pablo Funes,

« Entreculturas » (www.entreculturas.org ) ONG jésuite pour l'éducation et le développement

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