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Pierre Favre est Saint

Le pape François a canonisé un des premiers compagnons d'Ignace, étendant son culte à l'Eglise universelle. Il s'agit d'une canonisation dite "équipollente", selon laquelle le Pape, de sa pleine autorité, étend le culte et la célébration liturgique d'un saint à l'Eglise universelle, une fois que les conditions jadis posées par le Pape Benoît XIV (1675-1758) sont remplies. C'est une pratique connue dans l'Eglise, à laquelle le Pape François a déjà recouru pour la canonisation de la Bienheureuse Angèle de Foligno le 9 octobre dernier. Ses prédécesseurs Benoît XVI, Jean-Paul II, Jean XXIII, et d'autres, y avaient aussi recouru.

La canonisation du Bienheureux Pierre Favre revêt une signification très particulière parce qu'il représente un modèle de spiritualité et de vie sacerdotale pour le Pontife actuel et, en même temps, une des références importantes pour comprendre son style de gouvernement. A une époque qui a vu l'unité de l'Eglise sapée, Favre, tout en restant en apparence à l'écart des disputes doctrinales, a consacré son apostolat à la réforme de l'Eglise, devenant ainsi un pionnier de l'oecuménisme. Son exemple est enraciné dans l'horizon pastoral du pape François, comme l'illustre le portrait synthétique qu'il en trace dans l'entretien accordé à La Civiltà Cattolica, révélant certains traits essentiels de son caractère: «Le dialogue avec tous, même avec les plus lointains et les adversaires de la Compagnie ; la piété simple, une certaine ingénuité peut-être, la disponibilité immédiate, son discernement intérieur attentif, le fait d'être un homme de grandes et fortes décisions, capable en même temps d'être si doux... ».

La physionomie de Favre est celle d'un contemplatif en action, un homme attiré par le Christ, qui se consacre passionnément à la cause des frères, habile à discerner les esprits, dévoué au ministère sacerdotal avec patience et douceur, se donnant soi-même sans espoir d'une récompense humaine. Favre rencontre Dieu en toutes choses et en tous lieux, même les plus froids et hostiles. Dans son Mémorial, qui est l'un des principaux documents de la spiritualité des débuts de la Compagnie de Jésus, on voit combien sa vie est conçue comme un voyage, un voyage dans les différentes régions d'Europe, à l'instar du Christ : itinérant par obéissance, toujours attentif à faire non pas sa propre volonté, mais la volonté de Dieu.
Il fut le premier prêtre de la Compagnie de Jésus. Un des trois fondateurs de la Compagnie avec Ignace de Loyola et François-Xavier. Ordonné le 30 mai 1534, il célébra la messe des voeux des premiers compagnons au Martyrium de Montmartre à Paris le 15 août 1534. Il reçut en premier les voeux des six compagnons, dont d'abord celui d'Ignace de Loyola, avant d'émettre ensuite son propre voeu.

Ces aspects sont mentionnés dans une lettre du Père Adolfo Nicolás, Supérieur Général de la Compagnie de Jésus, écrite le même jour et adressée à toute la Compagnie.

PETITE BIOGRAPHIE DE SAINT PIERRE FAVRE

Pierre Favre

Quand, le 1er août 1546, à Rome, Pierre Favre mourut, il n'avait que quarante ans. Sa brève vie peut être résumée en quelques lignes: né à Le Villaret (Savoie) le 13 avril 1506; il étudie à partir de 1525 à Paris pour se préparer au sacerdoce: c'est là qu'il rencontre Ignace de Loyola. Ordonné prêtre le 22 juillet 1534, c'est lui qui, peu après, a célébré la messe pendant laquelle les premiers sept fondateurs de la Compagnie de Jésus prononcent leurs voeux ; en 1538, ils se présentent au Pape Paul III pour recevoir l'approbation de l'Institut et les premières missions; l'année suivante commencent pour Pierre Favre sept années de voyages dans toute l'Europe : Italie, Allemagne, Suisse, Espagne, Belgique, Portugal, des années au cours desquelles il a inlassablement prié, confessé et tenu des Exercices spirituels, mais il a également enseigné la théologie et participé à des entretiens qui devaient promouvoir l'unité et la réforme de l'Eglise. En avril 1546, Pierre Favre part de Madrid pour le concile de Trente, désigné comme expert par le Pape lui-même, mais au cours du voyage il est frappé par la fièvre tierce et, arrivé à Rome, il meurt.

Il est significatif que précisément la tombe de Pierre Favre, qui au cours de sa vie avait tout fait pour ne pas se faire remarquer, ait été perdue quand, en 1568, on commença à construire la nouvelle église splendide du Gesù, et que le procès en canonisation du « troisième compagnon » ait pris du retard par rapport à ceux du grand fondateur Ignace et du grand missionnaire François-Xavier. Il fallait vraiment un Pape venu de loin pour l'arracher à l'obscurité de la modestie, que Favre aimait tant, et le mettre en pleine lumière en l'élevant aux honneurs des autels bien mérités. On sait désormais combien ce « prêtre réformé » est un modèle de vie pour le Pape François, et combien il a souhaité, depuis le début de son pontificat, sa canonisation. Dans l'entretien accordé au père Antonio Spadaro, il a tracé en sept paroles clés le profil spirituel du nouveau saint : «Le dialogue avec tous, même les plus lointains et les adversaires ; la piété simple ; une certaine ingénuité, peut-être ; la disponibilité immédiate ; son discernement intérieur attentif ; le fait d'être un homme aux décisions grandes et fortes, et en même temps capable d'être doux, si doux ».

A quoi pensait le Pape quand, décrivant Pierre Favre, il s'est arrêté sur le mot « doux » ? Peut-être pensait-il à la phrase qu'Ignace avait l'habitude de dire à son propos, en louant son don de pratiquer les exercices spirituels: «Pierre fait jaillir de l'eau de la roche». Peut-être pensait-il à son désir de venir en aide à tous, à sa prédilection pour les services humbles. «Plus on s'unit à Dieu – a dit Favre – plus abondante est la bénédiction que diffuse sur ces humbles travaux celui sous la direction duquel et selon lequel ceux-ci son effectués». Peut-être le Pape François regardait-il le miroir des oeuvres de Pierre Favre, les oeuvres de réforme intérieure qui fortifièrent l'Eglise de son temps. C'est ce que fit le prieur de la chartreuse de Cologne quand il écrivit, en 1543, que Pierre Favre, avec son amabilité, savait aussi toucher un coeur desséché et enflammer à nouveau une foi presque éteinte, au moyen de ses paroles et de ses oeuvres qui témoignent de l'amour et de la miséricorde de Dieu pour l'homme pécheur. Le prieur espérait rencontrer au plus tôt cet homme de Dieu, pour qu'il le dirige, à travers les exercices, vers sa réforme intérieure et l'union avec Dieu. En effet, c'est à ce niveau où l'homme apprend à dialoguer avec Dieu et à en sentir le mystère. C'est ici que se prennent les grandes décisions, aussi bien pour la vie personnelle que pour l'Eglise.

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