OMCFAA sur Facebook

Pour l'Archevêque de Bangui, il s'agit d'une «situation jamais vue auparavant en République Centrafricaine » 28/06/2013

« Ils nous ont tout volé : 28 voitures, 3 motocyclettes, l'ensemble des médicaments de la pharmacie. Par ailleurs ont été saccagé la pédiatrie, la maison des religieuses franciscaines, celle des Pères spiritains... la liste est longue » affirme Mgr Aguirre Muños qui ne démord cependant pas. « Nous n'en faisons pas un drame parce que ce n'est pas la première fois que se passe des choses de ce genre. Ce qui importe est de demeurer ici, aux côtés des pauvres, pour évangéliser. Nous n'avons pas été les premiers à faire l'expérience de moments de violence et de douleur aussi grands et nous ne serons pas les derniers. Nous résistons comme les Apôtres qui disaient que c'est un honneur de recevoir des coups pour le Seigneur ». La République centrafricaine se trouve encore dans le chaos parce que, comme le raconte l'Evêque, « les rebelles de la Seleka ne sont pas encore capables, après avoir pris le pouvoir, de remettre en état la machine administrative. La majeure partie des fonctionnaires est encore cachée par peur des représailles et il n'y a pas non plus de quoi les payer ». Un épisode apparemment mineur explique combien la situation sur place est volatile. Un groupe d'une quarantaine de jeunes avait été recruté à Tombura, au Soudan du Sud, par un officier de l'ancienne armée centrafricaine afin d'aller combattre les hommes de la Seleka. « A ces jeunes, il avait été promis 150 USD pour combattre en Centrafrique. Mais ils ont été interceptés dès qu'ils ont passé la frontière, à Obo, peut-être par des troupes ougandaises qui luttent dans cette zone contre la LRA. Neuf de ces jeunes ont été tués et les autres capturés. La Croix Rouge a ramené à Tombura les 33 survivants et les corps des 9 autres» indique l'Evêque. « Espérons que l'arrivée des militaires de la FOMAC (la mission des pays limitrophes de la République centrafricaine) nous aide à ramener un peu d'ordre dans le pays ». conclut Mgr Aguirre Muños. (L.M.) (Agence Fides 05/06/2013)

C'est la vérité ...De Bangassou : le diocèse dont Mgr Aguirre est l'évêque. Ailleurs ce n'est guère mieux car c'est vrai que la Seleka, après avoir chassé Bozizé n'a pas réussi à relancer la sécurité et la vie administrative, économique et académique du pays. Tout a été rasé. Il faudrait des milliards pour remettre les chose en état et il en faudrait aussi pour désarmer et cantonner les troupes de la Seleka, dont une bonne partie ne sont que des mercenaires, venus pour faire du butin. Ils ne partiront pas si on ne leur donne pas la récompense promise. Entre temps ils se servent sur l'habitant et continuent de faire régner l'insécurité et d'empêcher la relance des activités. On attend l'arrivée des troupes promises par la CEMAC, qui devraient sécuriser la capitale et ensuite le pays. Vont-elles réussir dans cette entreprise? J'en doute s'il n'y a pas un gros paquet de milliards qui entre dans les caisses de l'Etat en même temps. Les autorités du pays, de temps en temps, à la radio, font des promesses. Ils voudraient rassurer les populations et leur faire croire que sous peu tout ira mieux. Mais désormais elles se sont discréditées car ce qu'elles ont affirmé jusqu'ici n'a pas été ensuite réalisé. Depuis le début de la semaine nous attendons l'annonce du nouveau gouvernement, qui devrait gérer la transition jusqu'aux élections (18 mois), mais rien ne vient, signe que ceux qui sont à la tête du pays n'arrivent pas à s'entendre et à planifier le programme de la transition.... Et les populations dans les quartiers de la capitale et dans la brousse continuent de souffrir sous le talon de la Seleka et de tous les bandits du coin qui se sont aussitôt unis à l'envahisseur. Essayons de rester solidaires de nos gens, d'être motif d'espérance et de patience. Mais on ne voit pas le bout du tunnel. Cela pourrait durer encore longtemps.
Dorino Livraghi sj

11/06/2013

Partagez cette actualité :

 

Le "tournant Pastoral" du Synode Chaldéen Echos et cris depuis le camp de Moria en Grèce avec le JRS Ellada