OMCFAA sur Facebook

Syrie - Témoignage - JRS - Service jésuite des réfugiés

Syrie: Le Service Jésuite des Réfugiés pleure la mort du père Frans van der Lugt SJ

Le père Frans van der Lugt avait insisté pour rester dans la vieille ville de Homs où il offrait un refuge à des familles aussi bien chrétiennes que musulmanes.

Beyrouth, le 7 avril 2014 – Le Service Jésuite des Réfugiés de Syrie a annoncé qu'il serait fermé pendant trois jours suite à la mort tragique du père Frans van der Lugt. Toute la famille du JRS est très attristée et choquée par cette mort subite qui a eu lieu ce lundi matin.

«Le père Frans était un exemple pour chacun d'entre nous. Il ne se contentait pas de prêcher l'amour et la réconciliation, il les vivait au quotidien – dans l'humilité et la compassion pour tous – et ce jusqu'à son dernier souffle», a déclaré le père Peter Balleis, le Directeur International du JRS.

Bien que ne faisant pas partie, au sens strict du terme, du JRS, en tant que prêtre jésuite en poste à Homs depuis 50 ans, le père Frans était une source d'inspiration pour tous les jeunes qui représentent la majorité des volontaires à Homs, Damas et Alep.

«Il incarnait la mission d'accompagnement du JRS, il la vivait au quotidien».

«Je ne vois pas des musulmans ou des chrétiens, je vois d'abord et avant tout des êtres humains. Ici, je suis le seul prêtre et le seul étranger, mais je ne me sens pas étranger. Je suis le supérieur de la résidence. Comment pourrais-je la quitter, comment partir? C'est impossible.», avait-il déclaré deux mois avant sa mort.

Une vie de service. Arrivé en Syrie en 1966, le père Frans avait lutté pour rassembler des Syriens venus d'horizons différents et pour les amener au dialogue. Sa devise a toujours été: «Vers l'avant».

Psychothérapeute diplômé, le père van der Lugt avait créé, dans les années 80, un projet agricole baptisé Al Ard, aux alentours de Homs où les jeunes gens présentant des troubles mentaux pouvaient trouver un emploi. Al Ard avait également accueilli des personnes ayant des besoins spécifiques, et était devenu un centre de dialogue entre des personnes de religions et d'horizons différents.

Au début de l'année 2011, le père Nicolas Adolfo, Supérieur Général des Jésuites, s'était arrêté à Al Ard lors de son voyage en Syrie. Depuis le début du conflit, la résidence jésuite de Homs a aidé des familles appartenant à toutes les confessions religieuses.

Lorsque la guerre a éclaté en Syrie, Frans van der Lugt, jésuite hollandais âgé de75 ans, qui était supérieur de la résidence jésuite de Homs, avait décidé de rester pour vivre en solidarité avec tous ceux qui avaient choisi de rester dans la vieille ville.

Le père Frans a vécu jusqu'au bout sa vocation qui était d'être avec les Syriens de toutes les confessions religieuses au coeur de leurs souffrances. Il accueillait les personnes déplacées dans la résidence jésuite située à l'intérieur de la vieille ville de Homs – leurs fournissant un hébergement et partageant les quelques provisions alimentaires qu'il avait.

Tout au long du siège qui dure depuis 18 mois, il a été en permanence un pilier pour la petite communauté chrétienne demeurée sur place, tout en maintenant des liens étroits avec les musulmans pris au piège dans la vieille ville.

https://fr.jrs.net/news_detail?TN=NEWS-20140408014935&L=FR

Partagez cette actualité :

 

LA MORT DU P. FRANS VAN DER LUGT "Saré Tamaïné", le mois d'août au Tchad