Témoignages
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Témoignage de deux jeunes jésuites lors de l'Inauguration
Ce mercredi 10 octobre 2007, nous sommes à Cabrini ; l'espace aménagé pour la circonstance a commencé à se remplir de monde, un monde bigarré : du premier ministre aux infirmiers(ères) en passant par l'Imam de la grande mosquée de N'Djamena et l'Archevêque de N'Djamena, rassemblés pour la cérémonie d'ouverture de l'hôpital privé "Le Bon Samaritain". Le Bon Samaritain est une œuvre de l'A.T.C.P. (Association Tchadienne Communauté pour le Progrès), une association de laïcs tchadiens créée, dirigée et parrainée par le Père Angelo Gherardi depuis le 3 décembre 1973.
Dans son allocution, M. Issa Ngarbassa, président de l'A.T.C.P., responsable juridique de l'Association, après son mot de bienvenue à l'assemblée, a adressé ses remerciements à tous ceux qui de loin ou de près ont contribué à la réalisation de ce projet. Le Père Gherardi lui, a brossé une brève généalogie de ce joyau qui a coûté une dizaine de milliards de francs CFA. Il n'a pas manqué de témoigner sa reconnaissance envers l'Etat Tchadien et de façon plus particulière au chef de l'Etat, S.E.M. Idriss Deby Itno qui n'a ménagé aucun effort pour soutenir l'ATCP. Me Ngarbassa a aussi rappelé les sources spirituelles de l'œuvre : c'est l'engagement pour l'homme, c'est notre foi. Il souhaite que cet hôpital soit vraiment un lieu où foi et amour du prochain se rencontrent, où science et technique s'embrassent. Le teilhardien Gherardi a invité tout le monde à tendre vers le Point Omega qui aspire et inspire tout et tous.
Intervenant à son tour, le ministre de la santé, le Pr. Avocksouma Djona, a remercié et félicité les membres de l'A.T.C.P. tout en leur promettant la collaboration de l'Etat pour le bien-être de tous. Pour lui, un CHU est une organisation sociale qui, comme l'homme, a besoin de vivre. Comme l'homme aussi, il peut rater, vieillir, mourir. Vivre c'est grandir et s'engager chaque jour à ajouter la vie à la vie. Pour lui, ce CHU vivra, grandira et prospérera. C'est son mot qui mit fin à la première partie de la cérémonie. Après quoi, toute l'assemblée, comme un seul homme, unie à l'Imam et à l'Archevêque, fit monter vers le ciel ses prières et implora la bénédiction de Dieu sur le nouvel hôpital. La coupure symbolique du ruban par le premier ministre marquera la fin de la seconde partie, annonçant ainsi l'étape suivante, c'est-à-dire la visite des différents pavillons du CHU. Impressionné par la modernité des appareils dans les différents services, un invité de marque a fini par avouer au Père Gherardi : "c'est la première fois qu'on voit une chose pareille au Tchad". La cérémonie a pris fin vers 12h par un rafraîchissement auquel tous les invités ont été conviés, mais la plupart n'y étaient pas. Jeûne de Ramadan oblige.
Depuis le pavillon du dispensaire, situé à l'entrée principale jusqu'à celui des maladies infectieuses, en passant par le bloc opératoire, on est frappé par le contraste entre l'ordinaire image extérieure et l'extraordinaire beauté intérieure des bâtiments. Que ce soit le pavillon de médecine, de la pédiatrie, de la gynécologie ou la maternité, même décor, même attrait ! L'on est aussi frappé par la qualité et la quantité des appareils du laboratoire, le service d'imagerie médicale (radio numérique, scanner, échographie) ; les services d'urgence et le pavillon des privés.
Pour la petite histoire, cet ouvrage est le fruit d'une série de réflexions commencées depuis 2000 par les membres de l'A.T.C.P., les médecins et infirmiers de Goundi et des personnes ressources de nationalité tchadienne et étrangère. Les travaux ont donc commencé en 2003 avec l'autorisation du ministère de la santé publique et celui de l'enseignement supérieur en 2004, d'une part ; d'autre part, la mise à la disposition de l'A.T.C.P. d'un terrain de 14 hectares à la sortie de la ville de N'Djamena. Encore un rêve il y a de cela 4 ans, aujourd'hui personne n'est indifférent lorsqu'il traverse le fleuve Chari. Le CHU "Le Bon Samaritain" s'impose à tout le monde, du piéton à l'automobiliste, en passant par les cyclistes, les motocyclistes et les piroguiers. Quelle réussite architecturale !
A l'origine de cette réalisation se trouve l'intuition du Père Gherardi Angelo. Il a voulu reproduire l'expérience de Goundi à N'Djamena. L'hôpital de Goundi est devenu une référence dans la sous-région en matière de compétence et de savoir-faire. Il l'a pensé, l'a rêvé, l'a désiré, l'a voulu et l'a réalisé. Par de cette expérience, l'hôpital de Walia se veut, avec les moyens humains et financiers dont il dispose, sauver des milliers de patients qui jusque là se faisaient soigner à l'extérieur du pays (faute de moyens). C'est pourquoi la caractéristique du CHU le Bon Samaritain, sera non seulement, de donner des soins à des prix forfaitaires (30% de coût réel), mais aussi et surtout d'être attentif à l'accueil qui sera réservé à tous ceux qui frapperont à ses portes. Pour répondre favorablement à cette exigence, le CHU dispose de deux centres de formation pour les infirmiers diplômés d'Etat et les Agents techniques de Santé, l'un à Goundi et l'autre à Walia (N'Djamena). Outre ces centres, le site de Walia dispose d'une faculté de Médecine et d'un pensionnat. La gestion de celui-ci est confiée à la Compagnie de Jésus dans le but d'inculquer aux étudiants qui y vivent une éducation marquée par la pédagogie ignatienne. Car s'il est important de former des hommes et des femmes, il est salutaire que ceux-ci soient en toute conscience sans discrimination religieuse, ethnique ou sociale, c'est-à-dire des hommes et des femmes qui ont un jugement rationnel et qui sont prêts à se battre pour un monde plus humain. Voilà en quoi le projet de l'A.T.C.P. rejoint, plus de 2000 ans après, l'exemple du Bon Samaritain : "va et toi aussi fais de même"
M. Tchabounono, sj et B. Somé, sj


