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Inondations au Burkina Faso - rapport JRS
Le 01/09/2009
Rapport d'analyse des besoins : Prospection de Ouagadougou après les inondations du 1er Septembre 2009
BURKINA – FASO
La pluie diluvienne qui s'est abattue sur la ville de Ouagadougou, le mardi 1er septembre 2009, a causé beaucoup de dommages matériels et même humains. On relève selon les estimations du rapport de la situation du 16 septembre publié par l'UNDAC qu'environ 95 000 personnes ont perdu leur maison et leurs biens dont 53 000 sont accueillies dans les 88 sites officiels et au moins 40 000 sont logés dans d'autres sites non officiels comme les salles de classes de certaines écoles, des locaux d'églises, ou ont été recueillies dans des familles. Ces problèmes ont touché à plus de 80% la population à revenu socioéconomique bas : il s'agit de personnes vulnérables et de personnes du 3ème âge parfois à la retraite et sans sources de revenus. On note aussi 8 pertes en vie humaine. - Le problème de l'inondation cause directe du sinistre: L'inondation du 1er septembre est une première.
Pour mémoire, une pareille inondation a eu lieu dans les années 1917 à Bobo-Dioulasso, mais avec une pluviométrie moindre. Généralement, les pluies sont rares à Ouagadougou; la moyenne pluviométrique annuelle étant de 900mm. Cette saison, alors que la météo prévoyait une insuffisance pluviométrique, la ville de Ouaga a reçu pendant près de (12) douze heures, pratiquement le 1/3 de la quantité d'eau annuelle, 279,3 mm en une journée. Par conséquent, les maisons en matériau fragile comme le banco (fait avec de l'argile) ont absorbé l'eau qui ne s'évacuait pas. Ces eaux débordant des barrages et s'évacuant difficilement ont causé l'effondrement des maisons engloutissant les biens et les effets des populations. Au total plus de 37 000 maisons se effondrées sous la pression de l'eau et à cause du banco qui redevenait de la boue en quelques dizaines de minutes. A cause des pluies qui continuent de tomber sur la ville, des maisons qui avaient résisté jusque là continuent de s'effondrer.
Plusieurs infrastructures routières ont été endommagées cassant des ponts et endommageant gravement l'état des routes. Des véhicules ont été emportés avec des objets divers sans compter les archives et appareils de plusieurs services administratifs et sociétés privées. Les dégâts sont importants et se chiffrent à plus de 70 milliards de francs CFA.
Le problème majeur sur lequel nous nous sommes penchés au cours de cette étude est la situation des personnes sinistrées devenues des déplacées urbains. Les sinistrés de l'inondation sont pour la plupart des habitants des quartiers non-lotis. - La question foncière et le problème de logement : les habitants de zones non-loties attendaient depuis des années des titres fonciers pour construire leur résidence définitive. Avec la destruction des maisons et la perte des dossiers, le problème foncier suscite déjà des mécontentements. Car, il est très difficile de savoir à qui appartiennent les ruines afin de reconstituer les numéros et les dossiers de titres fonciers. De plus, il se pose le problème du relogement. D'un côté la municipalité n'admettra pas la reconstruction dans les zones inondables, de l'autre côté les sinistrés ne semblent pas accepter une éventuelle délocalisation. - Le problème alimentaire et sanitaire : la majeure partie des sinistrés a tout perdu. Les eaux diluviennes ont emporté leurs vivres, leurs biens et même leur argent. Actuellement, ils vivent de l'aide alimentaire apportée par les ONG et l'organisation caritative de l'Eglise dans les sites d'urgence d'accueil. Dans les quartiers sinistrés, le problème de santé se pose. Les latrines sont inondées. Les autorités sanitaires craignent un risque de choléra, une épidémie qui se répand facilement pendant la saison des pluies. Les sites d'urgence (les écoles) ne sont pas adaptés pour héberger des personnes. La promiscuité et le manque d'hygiène augmentent le risque de maladies. Mais l'ampleur des besoins dépasse leurs moyens. Les infirmiers manquent parfois de médicaments et de produits de première nécessité. De plus, les sinistrés démunis manquent d'argent pour honorer leurs ordonnances médicales.
- Les problèmes liés à l'éducation: le problème des infrastructures scolaires et le problème de l'éducation scolaire des élèves et étudiants sinistrés. - Les problèmes socioéconomiques liés à la perte des sources de revenus. Au-delà de ces constats, il faut remarquer que les sinistrés qui vivent en dehors des sites ne bénéficient pas des aides apportées dans les sites et sont souvent dans le plus grand besoin.
sources :
- UNDAC Burkina Faso, Situation report N ° 2, 6 September 2009
- UNDAC Burkina Faso, Situation report N ° 7, 14 September 2009
- UNDAC Burkina Faso, Situation report N ° 8, 16 September 2009
Service Jésuite des Réfugiés
-Photos / Equipe JRS
- Textes du P. Jean ILBOUDO sj, sur les inondations de Ouagadougou : un témoin oculaire dans la région de Ouagadougou.
Pour mémoire, une pareille inondation a eu lieu dans les années 1917 à Bobo-Dioulasso, mais avec une pluviométrie moindre. Généralement, les pluies sont rares à Ouagadougou; la moyenne pluviométrique annuelle étant de 900mm. Cette saison, alors que la météo prévoyait une insuffisance pluviométrique, la ville de Ouaga a reçu pendant près de (12) douze heures, pratiquement le 1/3 de la quantité d'eau annuelle, 279,3 mm en une journée. Par conséquent, les maisons en matériau fragile comme le banco (fait avec de l'argile) ont absorbé l'eau qui ne s'évacuait pas. Ces eaux débordant des barrages et s'évacuant difficilement ont causé l'effondrement des maisons engloutissant les biens et les effets des populations. Au total plus de 37 000 maisons se effondrées sous la pression de l'eau et à cause du banco qui redevenait de la boue en quelques dizaines de minutes. A cause des pluies qui continuent de tomber sur la ville, des maisons qui avaient résisté jusque là continuent de s'effondrer.Plusieurs infrastructures routières ont été endommagées cassant des ponts et endommageant gravement l'état des routes. Des véhicules ont été emportés avec des objets divers sans compter les archives et appareils de plusieurs services administratifs et sociétés privées. Les dégâts sont importants et se chiffrent à plus de 70 milliards de francs CFA.

Le problème majeur sur lequel nous nous sommes penchés au cours de cette étude est la situation des personnes sinistrées devenues des déplacées urbains. Les sinistrés de l'inondation sont pour la plupart des habitants des quartiers non-lotis. - La question foncière et le problème de logement : les habitants de zones non-loties attendaient depuis des années des titres fonciers pour construire leur résidence définitive. Avec la destruction des maisons et la perte des dossiers, le problème foncier suscite déjà des mécontentements. Car, il est très difficile de savoir à qui appartiennent les ruines afin de reconstituer les numéros et les dossiers de titres fonciers. De plus, il se pose le problème du relogement. D'un côté la municipalité n'admettra pas la reconstruction dans les zones inondables, de l'autre côté les sinistrés ne semblent pas accepter une éventuelle délocalisation. - Le problème alimentaire et sanitaire : la majeure partie des sinistrés a tout perdu. Les eaux diluviennes ont emporté leurs vivres, leurs biens et même leur argent. Actuellement, ils vivent de l'aide alimentaire apportée par les ONG et l'organisation caritative de l'Eglise dans les sites d'urgence d'accueil. Dans les quartiers sinistrés, le problème de santé se pose. Les latrines sont inondées. Les autorités sanitaires craignent un risque de choléra, une épidémie qui se répand facilement pendant la saison des pluies. Les sites d'urgence (les écoles) ne sont pas adaptés pour héberger des personnes. La promiscuité et le manque d'hygiène augmentent le risque de maladies. Mais l'ampleur des besoins dépasse leurs moyens. Les infirmiers manquent parfois de médicaments et de produits de première nécessité. De plus, les sinistrés démunis manquent d'argent pour honorer leurs ordonnances médicales.
- Les problèmes liés à l'éducation: le problème des infrastructures scolaires et le problème de l'éducation scolaire des élèves et étudiants sinistrés. - Les problèmes socioéconomiques liés à la perte des sources de revenus. Au-delà de ces constats, il faut remarquer que les sinistrés qui vivent en dehors des sites ne bénéficient pas des aides apportées dans les sites et sont souvent dans le plus grand besoin.sources :
- UNDAC Burkina Faso, Situation report N ° 2, 6 September 2009
- UNDAC Burkina Faso, Situation report N ° 7, 14 September 2009
- UNDAC Burkina Faso, Situation report N ° 8, 16 September 2009
Service Jésuite des Réfugiés
-Photos / Equipe JRS
- Textes du P. Jean ILBOUDO sj, sur les inondations de Ouagadougou : un témoin oculaire dans la région de Ouagadougou.
Le 9 juillet 2010
Soutien d'initiatives sociales
Le JRS vous a envoyé régulièrement des nouvelles de ses activités, qui vont s'arrêter à la fin du mois de juin. En lien étroit avec les responsables des paroisses et de l'OCADES, une aide efficace et bien pensée a été apportée à de nombreux sinistrés de l'inondation du 1er septembre 2009 dans les paroisses de St Pierre de Gounghin et de Christ-Roi de Pissy : 220 élèves et étudiants aidés pour leur équipement scolaire, 48 pour leurs frais de scolarité, plus de 600 cartes d'identité ou autres documents administratifs établis pour ceux qui les avaient perdus, 52 personnes aidées pour acquérir un matériel nécessaire aux activités génératrices de revenus (avec rencontres de formation pour la gestion), 9 maisons construites (avec clôture et cour remblayée), 3 porcheries, 6 sanitaires. Le budget de l'opération s'élève à un total d'une trentaine de millions CFA. L'OCADES diocésain assurera le suivi. Les principaux donateurs ont été Entreculturas (Espagne), Burkina solidarité et Objectif Solidarité, deux organismes humanitaires français. Un compte-rendu officiel, en présence de l'évêque, des curés et autres responsables d'Eglise, notamment de l'OCADES, sera donné le 24 juin.
Deux compagnons soutiennent deux associations, l'une située à Pissy (ABE), l'autre à Dapoya (ASVS), venant en aide aux personnes atteintes du VIH. L'une d'entre elles (ASVS, fondée par Gertrude Diarra soutenue par une sœur du Père de Foucauld et par J.L. Masson) a enfin pu obtenir un terrain à Tanghin, en face du barrage, pour un dispensaire dont la construction est financée par la Coopération française. Les murs s'élèvent actuellement à « la hauteur des reins », comme le fleuve d'Ezéchiel… C'est à ce niveau que sera posée la dalle du sol, pour faire face aux inondations possibles (en face du barrage). Le bâtiment devrait être achevé en septembre. A noter que le Centre soutient activement un certain nombre d'activités de l'Ocades paroissial, avec une responsable laïque et une religieuse, en particulier un réseau de microcrédits qui connaît un grand succès. Un certain nombre de maisons ont pu être construites (dont celle du catéchiste) grâce à l'aide de bienfaiteurs de Barcelone.

