Souvenirs
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Décès du Père Charles Jacquet sj
Le 03/09/2009
Il fut prêtre de Jésus-Christ ! Un homme de l'accueil, de l'écoute, l'écoute de la Parole, dont il nourrissait sa prédication, à laquelle il excellait, l'accueil de tous ceux qui venaient le consulter et faisaient appel à son discernement. Pour user d'une expression en usage naguère, il a été pleinement Père spirituel.
Le P. Charles Jacquet nous a quittés le 3 septembre 2009, dans les premiers mois de l'année sacerdotale que le pape Benoît XVI invite l'Eglise à célébrer. Cette coïncidence semble éclairante pour tenter de définir la personnalité du Père : il fut prêtre de Jésus-Christ ! Un homme de l'accueil, de l'écoute, l'écoute de la Parole, dont il nourrissait sa prédication, à laquelle il excellait, l'accueil de tous ceux qui venaient le consulter et faisaient appel à son discernement. Pour user d'une expression en usage naguère, il a été pleinement Père spirituel.
Charles Jacquet est né le 29 mars 1908 à Marseille. Sur sa jeunesse, nous sommes peu renseignés. Nous savons que ses études secondaires se concluent par les bacs de lettres et de sciences. Et curieusement, par une licence en philosophie scolastique.
Il entre au noviciat le 7 novembre 1925 à Lyon-Fourvière et prononcera ses premiers vœux au noviciat d'Yzeure (Allier). Il parcourt le cycle classique des études dans la Compagnie : 2 ans de juvénat à Yzeure encore, 3 ans de philosophie à Jersey (1930-32), 4 ans de théologie à Lyon-Fourvière (1937-41). Il est ordonné prêtre avant le temps, le 24 août 1939, à cause de l'imminence de la guerre. Nous savons par ses récits, au cours des conversations familières de nos récréations, qu'il a été mobilisé dans les chasseurs alpins, qu'il fut conducteur de mulet sur les sentiers de montagne, mais qu'il n'a pas connu d'affrontement avec les troupes italiennes avant d'être démobilisé.
Ses ministères en France après la guerre : Socius du P. Maître en 1945, Recteur au collège de la Trinité à Lyon en 46, et Préfet des études du collège en 47, il est ensuite nommé Maître des novices de la Province de Lyon à Yzeure. Il restera à ce poste pendant 6 ans (1947-1955). Puis on le retrouve au Châtelard (Francheville) où il donne les Exercices.
Le Père Charles Jacquet a déjà parcouru une belle carrière, lorsqu'à 49 ans sa vie bascule. Il laisse derrière lui l'Hexagone et part pour l'Afrique. Il exercera son ministère au Cameroun durant quarante-huit ans (1957-2005). En juillet 1957, donc, il débarque à Douala, où le Collège Libermann souffre d'un urgent besoin de formateurs. Le Père aura la charge de P. Spirituel des Nôtres et des élèves, charge qu'il assurera durant sept années.
En octobre 1964, il quitte Douala pour rejoindre le Grand Séminaire Inter-Etats du Cameroun sis à Otélé, à 60 km au sud-ouest de Yaoundé. Le grand séminaire vient d'être confié à la Compagnie et l'équipe jésuite initiale va se révéler vite insuffisante, à mesure que le nombre des séminaristes augmente. .Le P. Jacquet exerce de nouveau la charge de Père Spirituel. Il a la responsabilité de la première année du séminaire, année consacrée à une initiation globale : liturgie, Ecriture Sainte, approfondissement da la vocation avec des cours de spiritualité et l'accompagnement de chaque séminariste. En outre le Père donne aux autres années des cours de spiritualité ascétique et mystique. Six ans plus tard, le grand séminaire se déplace à Yaoundé, au lieu-dit Nkolbisson. Le Père assurera le même ministère spirituel, auquel s'ajoutera pendant un temps celui de Vice-Supérieur de la communauté jésuite de Yaoundé.
En 1976, nouvelle rupture. Sur sa demande, le Père quitte l'enseignement au grand séminaire pour gagner la ville de Bafoussam, dans la région montagneuse du Cameroun. .Il y sera operarius, en compagnie du P. Yves Richard. Le style de pauvreté de cette petite communauté, louant un modeste appartement en bordure de la ville, avec un régime de vie très sobre, a certainement contribué à son rayonnement, et d'abord à faire connaître favorablement notre institut religieux par le clergé du diocèse.
Le P. Richard résume de cette manière les activités du Père dans le diocèse : « Deux jours après son arrivée à Bafoussam, le Père fut heureux d'être nommé coordinateur de l'enseignement biblique au collège St Thomas. A partir de cette bonne base institutionnelle, il aide à l'aumônerie de plusieurs collèges comme l'Ecole Normale d'Instituteurs et accompagne des communautés comme les clarisses de Toumi (Bamendjou), les bénédictines de Bamete, et un groupe œcuménique. Il prenait sa part aussi des confessions et messes et récollections à Tamdja et Baleng, les deux premières paroisses de la ville et aux diverses assemblées du clergé. »
Sur la demande de l'évêque, la Compagnie construit une résidence, où se réfugiera bientôt le noviciat situé initialement dans la banlieue de Yaoundé. Le P. Jacquet acceptera bonnement d'être nommé socius du P. Maître, pendant l'année 1984. Puis, il redevient simple operarius, ce qui veut dire beaucoup quand on connaît son rayonnement et la vénération qui de plus en plus l'entoure.
Pendant 20 ans, il sera membre de la communauté d'accompagnement du noviciat. A partir de 1996, il abandonnera progressivement les activités qu'il jugeait trop lourdes à porter (groupe vocationnel de la cathédrale, enseignement aux novices sur le Credo et l'Eglise, contact avec l'Association des anciens élèves du Collège Libermann) mais il restera jusqu'au bout conseiller de l'évêque Mgr Wouking et Père spirituel de nombreux prêtres et religieuses Doyen des prêtres du diocèse et membre fondateur de la mission jésuite au Cameroun, il sera l'icône que l'on vénère et dont on envisage de garder le corps enseveli à Bafoussam.
Mais à partir de 2004, sa santé se dégrade sérieusement et son rapatriement en France devient nécessaire pour lui donner tous les soins dont il avait besoin. En avril 2005, trop faible pour donner un avis, il se laisse conduire jusqu'à Lille, dans la maison de la rue des Stations. C'est là qu'il vient de s'éteindre, six ans plus tard, dans sa cent-deuxième année. Le 3 septembre 2009.
Nouvelles de la Province d'Afrique de l'Ouest
N°25 - 22 septembre 2009
Charles Jacquet est né le 29 mars 1908 à Marseille. Sur sa jeunesse, nous sommes peu renseignés. Nous savons que ses études secondaires se concluent par les bacs de lettres et de sciences. Et curieusement, par une licence en philosophie scolastique.
Il entre au noviciat le 7 novembre 1925 à Lyon-Fourvière et prononcera ses premiers vœux au noviciat d'Yzeure (Allier). Il parcourt le cycle classique des études dans la Compagnie : 2 ans de juvénat à Yzeure encore, 3 ans de philosophie à Jersey (1930-32), 4 ans de théologie à Lyon-Fourvière (1937-41). Il est ordonné prêtre avant le temps, le 24 août 1939, à cause de l'imminence de la guerre. Nous savons par ses récits, au cours des conversations familières de nos récréations, qu'il a été mobilisé dans les chasseurs alpins, qu'il fut conducteur de mulet sur les sentiers de montagne, mais qu'il n'a pas connu d'affrontement avec les troupes italiennes avant d'être démobilisé.
Ses ministères en France après la guerre : Socius du P. Maître en 1945, Recteur au collège de la Trinité à Lyon en 46, et Préfet des études du collège en 47, il est ensuite nommé Maître des novices de la Province de Lyon à Yzeure. Il restera à ce poste pendant 6 ans (1947-1955). Puis on le retrouve au Châtelard (Francheville) où il donne les Exercices.
Le Père Charles Jacquet a déjà parcouru une belle carrière, lorsqu'à 49 ans sa vie bascule. Il laisse derrière lui l'Hexagone et part pour l'Afrique. Il exercera son ministère au Cameroun durant quarante-huit ans (1957-2005). En juillet 1957, donc, il débarque à Douala, où le Collège Libermann souffre d'un urgent besoin de formateurs. Le Père aura la charge de P. Spirituel des Nôtres et des élèves, charge qu'il assurera durant sept années.
En octobre 1964, il quitte Douala pour rejoindre le Grand Séminaire Inter-Etats du Cameroun sis à Otélé, à 60 km au sud-ouest de Yaoundé. Le grand séminaire vient d'être confié à la Compagnie et l'équipe jésuite initiale va se révéler vite insuffisante, à mesure que le nombre des séminaristes augmente. .Le P. Jacquet exerce de nouveau la charge de Père Spirituel. Il a la responsabilité de la première année du séminaire, année consacrée à une initiation globale : liturgie, Ecriture Sainte, approfondissement da la vocation avec des cours de spiritualité et l'accompagnement de chaque séminariste. En outre le Père donne aux autres années des cours de spiritualité ascétique et mystique. Six ans plus tard, le grand séminaire se déplace à Yaoundé, au lieu-dit Nkolbisson. Le Père assurera le même ministère spirituel, auquel s'ajoutera pendant un temps celui de Vice-Supérieur de la communauté jésuite de Yaoundé.
En 1976, nouvelle rupture. Sur sa demande, le Père quitte l'enseignement au grand séminaire pour gagner la ville de Bafoussam, dans la région montagneuse du Cameroun. .Il y sera operarius, en compagnie du P. Yves Richard. Le style de pauvreté de cette petite communauté, louant un modeste appartement en bordure de la ville, avec un régime de vie très sobre, a certainement contribué à son rayonnement, et d'abord à faire connaître favorablement notre institut religieux par le clergé du diocèse.
Le P. Richard résume de cette manière les activités du Père dans le diocèse : « Deux jours après son arrivée à Bafoussam, le Père fut heureux d'être nommé coordinateur de l'enseignement biblique au collège St Thomas. A partir de cette bonne base institutionnelle, il aide à l'aumônerie de plusieurs collèges comme l'Ecole Normale d'Instituteurs et accompagne des communautés comme les clarisses de Toumi (Bamendjou), les bénédictines de Bamete, et un groupe œcuménique. Il prenait sa part aussi des confessions et messes et récollections à Tamdja et Baleng, les deux premières paroisses de la ville et aux diverses assemblées du clergé. »
Sur la demande de l'évêque, la Compagnie construit une résidence, où se réfugiera bientôt le noviciat situé initialement dans la banlieue de Yaoundé. Le P. Jacquet acceptera bonnement d'être nommé socius du P. Maître, pendant l'année 1984. Puis, il redevient simple operarius, ce qui veut dire beaucoup quand on connaît son rayonnement et la vénération qui de plus en plus l'entoure.
Pendant 20 ans, il sera membre de la communauté d'accompagnement du noviciat. A partir de 1996, il abandonnera progressivement les activités qu'il jugeait trop lourdes à porter (groupe vocationnel de la cathédrale, enseignement aux novices sur le Credo et l'Eglise, contact avec l'Association des anciens élèves du Collège Libermann) mais il restera jusqu'au bout conseiller de l'évêque Mgr Wouking et Père spirituel de nombreux prêtres et religieuses Doyen des prêtres du diocèse et membre fondateur de la mission jésuite au Cameroun, il sera l'icône que l'on vénère et dont on envisage de garder le corps enseveli à Bafoussam.
Mais à partir de 2004, sa santé se dégrade sérieusement et son rapatriement en France devient nécessaire pour lui donner tous les soins dont il avait besoin. En avril 2005, trop faible pour donner un avis, il se laisse conduire jusqu'à Lille, dans la maison de la rue des Stations. C'est là qu'il vient de s'éteindre, six ans plus tard, dans sa cent-deuxième année. Le 3 septembre 2009.
Nouvelles de la Province d'Afrique de l'Ouest
N°25 - 22 septembre 2009


