Souvenirs
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Décès du Frère Antonio Mason sj.
Le 24/03/2009
Le F. Antonio MASON nous a quittés le 24 mars 2009, en Italie où ses ennuis de santé l'avaient contraint de retourner, après 45 ans de ministères en Afrique.
Entré dans la Compagnie pour la fête de Noël 1945, à l'âge de 22 ans, il passe ses 18 premières années de jésuite entre Bergame et Padoue. A Bergame, il est assistant du modérateur de la Congrégation mariale.
C'est en 1963 qu'il part pour l'Afrique, et d'abord pour la mission du Tchad, où il demeurera jusqu'en 1984.
Il exerce son ministère à N'Djamena, principalement dans la paroisse de Kabalaye. Il y enseigne la catéchèse, et c'est manifestement une de ses priorités (pour laquelle il se perfectionnera pendant un an en 1971 comme étudiant à l'Institut Supérieur de Catéchèse d'Abidjan). Il a aussi la charge des Cœurs Vaillants, puis de l'ensemble des jeunes de la paroisse, tout en étant ministre de la communauté.
En 1980, c'est la guerre à N'Djamena. Le Frère passera de l'autre côté du fleuve, à Kousseri (Cameroun), avec une bonne partie de la population de la capitale, qui fuit les bombardements. Il prendra la charge des réfugiés, qu'il faut aider à survivre.
De retour au Tchad, il est affecté pour la première fois dans le Sud, à Sarh, comme ministre de notre collège Charles Lwanga. Il assurera ce service durant trois ans.
Sa nouvelle mission l'envoie à Abidjan (Côte d'Ivoire). Elle sera de courte durée, de 1985 à 1989. Il y exerce les fonctions de ministre et d'économe de la communauté. Suit un temps de repos sabbatique à Padoue.
A partir de 1991, nous le retrouvons à Yaoundé (Cameroun). C'est là qu'il passera la dernière période de sa mission en Afrique. Ministre et économe de la résidence St Robert Bellarmin, il va bientôt rejoindre le P. Alfonso Ruiz Marrodan au Foyer de l'Espérance{D2}, qui rassemble des jeunes de la rue, et visitera également la prison centrale de Yaoundé.
Le P. Alfonso est le mieux placé pour faire revivre cette période intense du ministère du F. Antonio par son témoignage.
« Le Frère Antonio est arrivée à Yaoundé en 1991. Il venait comme ministre de la nouvelle maison qui devait accueillir les jésuites exerçant en tant que professeurs à "l'Institut de Sciences Sociales" confié à la Compagnie. Quelqu'un a raconté que, se mettant vite au travail, il s'était exclamé : "Il n'y a rien dans cette maison! " Effectivement, il fallait tout meubler. Ces dernières années nos visiteurs regardaient avec admiration le beau jardin qui les accueillait en arrivant à la maison ; il était le fruit mûr de longues années de travail patient du Frère Antonio.
Assez vite, en plus de son travail de ministre et économe de la maison, il a commencé à s'intéresser au sort des prisonniers et des enfants de la rue de Yaoundé. Le Foyer de l'Espérance a été l'institution dans laquelle ces deux engagements se sont développés et sont devenus, sans rien abandonner de son devoir de ministre et économe, très importants dans sa vie.
Il visitait la prison Centrale de Yaoundé et, de temps en temps, celle de Mfou, trois ou quatre fois par semaine et il ne manquait jamais l'eucharistie dominicale. Il ne se contentait pas de visiter le quartier des mineurs, mais passait partout, surtout dans les quartiers les plus difficiles et délaissés. Il était très attentif aux vieillards, aux condamnés à mort, aux malades. Avec certains il préparait leur sortie de prison et les aidait à retourner au village, à faire un petit projet pour se refaire une vie ; il a contribué à la réfection de plusieurs quartiers de la prison, des évacuations d'eau, à refaire la peinture ; il s'intéressait aux dossiers judiciaires les plus difficiles et apportait, si nécessaire, la contribution d'un juriste… et surtout il écoutait avec patience tous ceux et celles qui désiraient le rencontrer.
Au Foyer de l'Espérance il a dû remplacer le P. Hornus dans le rôle d'administrateur et économe. Aux moments difficiles, il était le "sage" qui cherchait toujours le bien des enfants et des jeunes confiés au Foyer. Homme d'une grande droiture, il supportait très mal que les intérêts un peu louches de certains puissent mettre en danger le bien-fondé de l'œuvre. Ses dernières années, se sentant fatigué, il a tout fait pour trouver un jésuite qui puisse le remplacer. Entre temps il était devenu président du Conseil d'Administration du Foyer.
En juin 2006 il est parti en congé avec l'intention de revenir. Il était très fatigué et on lui avait décelé des problèmes cardiaques. Suivant les conseils du médecin, il a retardé plusieurs fois son retour. Au bout d'une année nous nous sommes rendu compte que le retour ne se réaliserait plus.
Je voudrais finir par le témoignage écrit qu'un prisonnier a envoyé "à la communauté du frère Antonio" et que nous avons lu lors de la messe en sa mémoire :
‘'Je viens avec des larmes aux yeux vous exprimer la douleur que j'éprouve suite au décès du frère Antonio. Ayant donné sa vie pour le Christ, il s'est surtout adonné au service des plus pauvres et des souffreteux. Toute la Prison Centrale de Yaoundé en général est en pleurs et moi-même en particulier. Il serait certain que physiquement parti de ce monde il est spirituellement vivant. Puisse le Seigneur faire en sorte que son œuvre continue au sein de sa communauté, afin que son esprit reste vivant et qu'elle ne laisse pas en si bon chemin toutes les actions qu'il a entreprises dans le monde''
Effectivement, les problèmes de santé du Frère Antonio l'obligent à rentrer en Italie, en juin 2006, au Collège Léon XIII à Milan, où il exercera la fonction de sacristain. Ces derniers mois, sa santé se dégrade rapidement. Il est envoyé à l'infirmerie de Gallarate.
Le Frère est décédé dans la paix du Seigneur le mardi 24 mars 2009 à 20h.
C'est en 1963 qu'il part pour l'Afrique, et d'abord pour la mission du Tchad, où il demeurera jusqu'en 1984.
Il exerce son ministère à N'Djamena, principalement dans la paroisse de Kabalaye. Il y enseigne la catéchèse, et c'est manifestement une de ses priorités (pour laquelle il se perfectionnera pendant un an en 1971 comme étudiant à l'Institut Supérieur de Catéchèse d'Abidjan). Il a aussi la charge des Cœurs Vaillants, puis de l'ensemble des jeunes de la paroisse, tout en étant ministre de la communauté.
En 1980, c'est la guerre à N'Djamena. Le Frère passera de l'autre côté du fleuve, à Kousseri (Cameroun), avec une bonne partie de la population de la capitale, qui fuit les bombardements. Il prendra la charge des réfugiés, qu'il faut aider à survivre.
De retour au Tchad, il est affecté pour la première fois dans le Sud, à Sarh, comme ministre de notre collège Charles Lwanga. Il assurera ce service durant trois ans.
Sa nouvelle mission l'envoie à Abidjan (Côte d'Ivoire). Elle sera de courte durée, de 1985 à 1989. Il y exerce les fonctions de ministre et d'économe de la communauté. Suit un temps de repos sabbatique à Padoue.
A partir de 1991, nous le retrouvons à Yaoundé (Cameroun). C'est là qu'il passera la dernière période de sa mission en Afrique. Ministre et économe de la résidence St Robert Bellarmin, il va bientôt rejoindre le P. Alfonso Ruiz Marrodan au Foyer de l'Espérance{D2}, qui rassemble des jeunes de la rue, et visitera également la prison centrale de Yaoundé.
Le P. Alfonso est le mieux placé pour faire revivre cette période intense du ministère du F. Antonio par son témoignage.
« Le Frère Antonio est arrivée à Yaoundé en 1991. Il venait comme ministre de la nouvelle maison qui devait accueillir les jésuites exerçant en tant que professeurs à "l'Institut de Sciences Sociales" confié à la Compagnie. Quelqu'un a raconté que, se mettant vite au travail, il s'était exclamé : "Il n'y a rien dans cette maison! " Effectivement, il fallait tout meubler. Ces dernières années nos visiteurs regardaient avec admiration le beau jardin qui les accueillait en arrivant à la maison ; il était le fruit mûr de longues années de travail patient du Frère Antonio.
Assez vite, en plus de son travail de ministre et économe de la maison, il a commencé à s'intéresser au sort des prisonniers et des enfants de la rue de Yaoundé. Le Foyer de l'Espérance a été l'institution dans laquelle ces deux engagements se sont développés et sont devenus, sans rien abandonner de son devoir de ministre et économe, très importants dans sa vie.
Il visitait la prison Centrale de Yaoundé et, de temps en temps, celle de Mfou, trois ou quatre fois par semaine et il ne manquait jamais l'eucharistie dominicale. Il ne se contentait pas de visiter le quartier des mineurs, mais passait partout, surtout dans les quartiers les plus difficiles et délaissés. Il était très attentif aux vieillards, aux condamnés à mort, aux malades. Avec certains il préparait leur sortie de prison et les aidait à retourner au village, à faire un petit projet pour se refaire une vie ; il a contribué à la réfection de plusieurs quartiers de la prison, des évacuations d'eau, à refaire la peinture ; il s'intéressait aux dossiers judiciaires les plus difficiles et apportait, si nécessaire, la contribution d'un juriste… et surtout il écoutait avec patience tous ceux et celles qui désiraient le rencontrer.
Au Foyer de l'Espérance il a dû remplacer le P. Hornus dans le rôle d'administrateur et économe. Aux moments difficiles, il était le "sage" qui cherchait toujours le bien des enfants et des jeunes confiés au Foyer. Homme d'une grande droiture, il supportait très mal que les intérêts un peu louches de certains puissent mettre en danger le bien-fondé de l'œuvre. Ses dernières années, se sentant fatigué, il a tout fait pour trouver un jésuite qui puisse le remplacer. Entre temps il était devenu président du Conseil d'Administration du Foyer.
En juin 2006 il est parti en congé avec l'intention de revenir. Il était très fatigué et on lui avait décelé des problèmes cardiaques. Suivant les conseils du médecin, il a retardé plusieurs fois son retour. Au bout d'une année nous nous sommes rendu compte que le retour ne se réaliserait plus.
Je voudrais finir par le témoignage écrit qu'un prisonnier a envoyé "à la communauté du frère Antonio" et que nous avons lu lors de la messe en sa mémoire :
‘'Je viens avec des larmes aux yeux vous exprimer la douleur que j'éprouve suite au décès du frère Antonio. Ayant donné sa vie pour le Christ, il s'est surtout adonné au service des plus pauvres et des souffreteux. Toute la Prison Centrale de Yaoundé en général est en pleurs et moi-même en particulier. Il serait certain que physiquement parti de ce monde il est spirituellement vivant. Puisse le Seigneur faire en sorte que son œuvre continue au sein de sa communauté, afin que son esprit reste vivant et qu'elle ne laisse pas en si bon chemin toutes les actions qu'il a entreprises dans le monde''
Effectivement, les problèmes de santé du Frère Antonio l'obligent à rentrer en Italie, en juin 2006, au Collège Léon XIII à Milan, où il exercera la fonction de sacristain. Ces derniers mois, sa santé se dégrade rapidement. Il est envoyé à l'infirmerie de Gallarate.
Le Frère est décédé dans la paix du Seigneur le mardi 24 mars 2009 à 20h.


