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Le P. Nawras Sammour sj, une voix pour les réfugiés du Liban et d'ailleurs

Le P. Nawras Sammour sj, une voix pour les réfugiés du Liban et d'ailleurs

Le Père Nawras Sammour est en première ligne pour constater le drame que vivent les réfugiés syriens au Liban. Il livre sur RCF un témoignage vibrant d'espérance.

Responsable du Service jésuite des réfugiés (JRS) pour le Proche Orient et l'Afrique du Nord, le Père Nawras Sammour est en première ligne pour constater le drame que vivent les réfugiés syriens au Liban. Ce prêtre jésuite est lui-même syrien, il vit actuellement à Beyrouth où Véronique Alzieu l'a rencontré. Là, il met en oeuvre la mission du JRS qui est depuis 1980 d'accompagner, de servir et de défendre les droits des réfugiés. Il nous livre un témoignage vibrant d'espérance.

La guerre en Syrie n'est pas finie

Ce qui se passe en Syrie? "Le mot juste je ne le trouve plus." Pour le Père Sammour, "le mal s'est tellement acharné, nous n'arrivons plus à dire ce qui se passe au juste, on a perdu le sens du juste, du droit, de victime... Ce n'est ni une révolution - car "une révolution a besoin d'un background culturel" - ni une guerre civile, puisqu'il y a "des ressortissants de 90 pays qui s'entretuent en Syrie". "C'est le chaos."

À tort, pour le Père Sammour, "on a cristallisé la question sur Daech". L'organisation terroriste n'est autre qu'"un produit de la crise". Et ce n'est pas parce que le premier ministre irakien a annoncé en janvier dernier "la fin de la guerre" contre l'organisation État islamique, que la guerre en Syrie en finie. Si l'on veut aujourd'hui y mettre fin, déjà il va falloir du temps, et surtout il faut "une approche globale". "Et une prise en considération de la souffrance de tout le peuple syrien."

La crise des réfugiés au Liban

"Je suis syrien mais je le dis en toute conscience pour être juste, la crise des réfugiés au Liban c'est une grande crise." Comme si le tiers de la population allemande se réfugiait en France en l'espace 18 mois : "aucune structure étatique ne peut absorber ce genre de chose !" Pourtant, en même pas deux ans le Liban a reçu 1 million de réfugiés, aujourd'hui, ils sont environ 1.5 million. Avec les dérives que cela peut entraîner, notamment le business juteux qui consister à louer un terrain et des tentes, de façon illégale. Si "tout cela pèse sur la population libanaise", tous évidemment ne réagissent pas de la même façon, il y a ceux qui sont compatissants, ceux "qui arrivent à l'extrême de la xénophobie".

Les réfugiés syriens souffrent. "Qu'ils soient à Beyrouth ou dans un camp, le fait même de quitter son pays c'est déjà douloureux", explique le Père Sammour. Et même ceux qui ont fuit la Syrie avec de l'argent doivent faire face aux prix des loyers, s'ils ont des enfants, il faut financer l'école, "l'université c'est trop cher". Quant aux besoins médicaux, "oh là là..." commente le prêtre. Alors que les institutions internationales diminuent leurs aides financières, reste le travail des ONG sur place. "Il y a des efforts mais ça ne suffit pas."

Eduquer à la responsabilité

L'un des chantiers principaux reste la prise en charge des jeunes et la scolarisation des enfants. Le JRS propose un accompagnement via le soutien scolaire, mais sa mission est aussi d'ordre spirituel. "On essaie de faire une éducation intégrale", explique le Père Sammour. C'est-à-dire d'éduquer à "la responsabilité": tout l'enjeu est de faire que ces jeunes soient un jour "capables de dire que ce que nous avons vécu il ne faut pas que nos enfants le vivent".

Auprès des jeunes, il y a aussi un nécessaire témoignage d'espérance. Justement, dans une telle situation, comment ne pas douter de la présence de Dieu? Le Père Nawras Sammour puise dans les textes de Dietrich Bonhoeffer, des moines de Tibhirine, ou de Mgr Pierre Claverie. Et aussi de cette phrase qu'a dite un jour un missionnaire jésuite assassiné au Salvador, Ignacio Ellacuría (1930-1989) : "Là où il n'y a plus rien à faire tout est à refaire." C'est cela qui aide le Père Sammour, "il n'y a pas que la désolation et les atrocités, il y a beaucoup de consolation, de sources de joie également". Et aussi la solidarité, la vie intérieure, la prière. "Quand le mal s'acharne il n'y a qu'une seule chose qui puisse faire face c'est la solidarité de l'amour."

> Ecouter l'émission sur RCF

 


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